lundi 15 juin 2015

La reliance entre l'univers et nous : "Quand je mange une salade, je mange du soleil" - Philippe Bobola


Philippe Bobola étant à la fois docteur en physique, en biologie et en anthropologie se sert d'arguments scientifiques pour nous expliquer notre reliance au monde.


"La reliance entre l'univers et nous"
Philippe B. (scientifique) nous expose ici l'interaction (énergétique) que nous avons avec l univers et notre environnement... Tout est lié. partie 1


"La reliance entre l'univers et nous" partie 2




"Le cerveau est-il quantique ?"
Le docteur Bobola, diplômé en physique-chimie, explique ici et enfin de façon claire les fondamentaux de la physique quantique. Il est en plus très impliqué dans la défense des peuples premiers qu'il nous présente en fin de vidéo.

Quelques idées clés et quelques phrases sublimes :

- vidéo partie 1 et 2 :

"L'étoile est une conscience lumineuse"

"Le soleil a un principe masculin, il émet une information"

"Les contraires ne sont pas contradictoires mais complémentaires"

"La femme redonne la quintessence de l'information en lui donnant sa dimension matérielle"

"La lumière, c'est de l'information mais aussi du temps"

"la matière est de l'énergie concentrée"

"La matière, c'est 99 % de vide et 1 % de plein, ce vide est aussi de l'information masquée qui selon les besoins sera libérée ou pas"

"Un arbre, une plante émettent des informations"

"L'oreille mystique permet à quelqu'un de capter la lumière que la matière nous envoie, parce que la matière nous envoie des messages"

"La matière en permanence a ce double aspect : matériel-corpusculaire mais aussi ondulatoire : selon les circonstance une plante va donner plus l'aspect ondulatoire ou corpusculaire selon certains cycles"

"Le temps est un flux qui s'accélère ou se décélère modulé par un cycle : au moment de l'accélération il y a plus d'information qui nous est donné"

"Certaines personnes sont capables de capter les informations de la nature"

"Il existe des temps et non un temps"

"Quand on médite, on peut se mettre sur des temps différents et capter le message que la nature nous envoie, la nature ne triche jamais"

"Une trop grande cérébralisation peut jouer le rôle de membrane isolante"

"Il y a des animaux qui nous correspondent, des plantes ou des arbres qui nous correspondent, des minéraux, une étoile"

"Si on met de la conscience sur notre intériorité on agit sur le temps"

"Ce n'est pas par hasard si on a toujours encouragé la méditation"

"Le but de la vie est la fusion avec ce Vrai"

"Nous habitons dans notre corps une immense complexité, même une étoile est moins complexe que le cerveau"

"Les moyens : la résonance"

"méditer sur une plante : comprendre le rôle qu'elle joue"

"Quand je mange une salade, je mange du soleil"

"Quand je bois un verre d'eau je bois de la complexité de l'univers"

"La conscience de feu de l'étoile a pour fonction que fabriquer les éléments lourds : oxygène, hydrogène, azote..."

"Quand elle implose elle va disperser ces éléments dans l'univers, elle va fertiliser une planète"

"Tout l'univers est une immense information amoureuse qui cherche a trouver une forme"

"Quand on médite on peut sortir de l'écoulement homogène passé, présent, futur, quelquefois le futur est la mémoire du passé qui nous revient en échos"

"Nous sommes l'échos d'une information initiale que l'on peut appeler Dieu"

"la différence entre la phytothérapie occidentale, "j'ai analysé la plante...", le chaman dit : "la plante m'a dit"

"Il faut capter les informations par son corps, il n'y a pas de séparation"

"Je peux entrer en résonance avec un atome aux confis de l'univers"

"La NDE, la partie ondulatoire se sépare du monde physique, on entre en résonance avec l'état intérieur"

"Chaque soir, pendant le rêve, notre corps énergétique va aller chercher les informations"

"Chaque vie se branche sur un temps différent"

"Quand je pense intensément à une chose, j'appelle cette chose, j'ai appelé un temps qui m'est revenu en échos"

"Les aborigènes australiens, avant d'aller à la chasse, rêvent de la chasse. Elle est préparée potentiellement. Ils vont actualiser dans la journée ce qui a été préparé dans le rêve"

"Nous devrions sortir du mal-être existentiel si on a mis en avant cette notion de reliance"

"Les astronomes sont les historiens de l'univers"

"Platon nous disait : celui qui vit bien le temps qui lui est accordé retournera vers le séjour de son étoile conjointe"

"Nos pensées sont à l'origine du monde que nous vivons, et non pas l'inverse"

"Redevenir un enfant en retrouvant un dialogue privilégié avec le monde qui nous entoure"


- 3ème vidéo :

"Selon Bergson, l'analyse à un caractère corpusculaire alors que l'intuition pénètre à l'intérieur des choses, mettant en avant le caractère ondulatoire de l'intuition"

"le continent moléculaire obéit aux lois quantiques"

"certains appareils font un état des lieux énergétiques en prenant appui sur les signatures vibratoires des cellules"

"le terrain peut être quantifié : le terrain cancérigène dépend de la polarisation des cellules, l'anxiogénèse, le PH intra-cellulaire, une dimension vibratoire. La cellule cancéreuse émet un rayonnement anormal. L'ADN émet ce rayonnement qui est cohérent. Les cellules communiquent par cette dimension biophotonique."

"Le cerveau crée des courants électriques (potentiel d'action), il doit donc obéir aux lois quantiques"

"Nous sommes des êtres mi-classiques mi-quantiques"

"La physique quantique est une physique participative, la physique classique est une physique de non responsabilité"

"Le Brésil ressemble plus à monde quantique, notre vieille Europe ressemble plus à un monde classique"

"Le monde quantique nous montre un monde non-localisable"

 "Les approches physiques ont une incidence sur la biologie : elles changent le rapport que chaque individu à de lui et du monde"

"La physique quantique nous responsabilise alors que la physique classique nous déresponsabilise"

"Les peuples traditionnels sans le dire et sans le savoir vivent selon les lois de la physique quantique : par exemple, le monde animiste est l'équivalent de l'a dualité onde-corpuscule, notion d'un monde unitaire..."

"Les cultures éloignées des notres jouent le rôle de miroir"

" La société traditionnelle prend en compte l'émergence d'un comportement atypique et non pas l'inverse"

"Les sociétés traditionnelles envisagent 3 équilibres pour qu'elles soient en bonne santé : l'équilibre de soi à la nature et au cosmos, de soi à la société et de soi à soi"

"Chaque malade est un bio-indicateur de la dérégulation sociétale"

"Un individu n'est pas seulement un corps mais aussi un environnement dans lequel il évolue"

"La vie ne réside pas dans les molécules mais dans les relations qu'elles sont en mesure d'établir entre elles"

"La grave crise est une crise de lien  parce qu'il y a une perte de sens"



jeudi 4 juin 2015

Les vertus de l'urine sur la santé


Les super-pouvoirs de l'urine - documentaire Arte

Ce documentaire d'Arte fait le point sur une nouvelle perspective thérapeutique, pourtant bien connue en médecine ayurvédique et en médecine chinoise depuis des milliers d'années, et certes assez singulière, concernant les effets de l'urine (humaine ou animale) sur la santé (soit par voie interne, soit en application externe - cheveux, peau...). Mais ne soyez pas trop écoeurés : nous en consommons déjà sans le savoir !
Alors à vôtre santé !

wikipedia : l'urinothérapie ou "amaroli"
L'usage religieux de l'urinothérapie est documenté dans un texte sanskrit daté de 5000 ans, le Damar Tantra dans lequel la pratique s'appelle « Shivambu Kalpa ». Le papyrus Ebers, l'un des plus anciens traités médicaux qui nous soit parvenu et qui aurait été rédigé au xvie siècle avant notre ère, propose 55 recettes à base d'urine.
Depuis des siècles à Dongyang en Chine, les « œufs de garçon vierge (en) » sont cuisinés dans de l'urine d'écoliers âgés de préférence de moins de 10 ans. Selon la médecine traditionnelle chinoise, ce met aurait comme effet bénéfique de rétablir le yin, de diminuer la chaleur corporelle lors des journées chaudes d'été, et d'améliorer la circulation sanguine. En 2008, les « les œufs de garçon vierge » ont été inscrits au patrimoine culturel immatériel local.
Au xxe siècle, l'ancien premier ministre indien Morarji Desai fut un ardent défenseur de cette méthode tout en étant la risée de ses pairsGandhi a abordé le sujet mais ne l'a jamais pratiqué.
En Allemagne l'amaroli aurait séduit cinq millions de personnes, deux millions au Japon et un million aux Pays-Bas. Des congrès mondiaux réunissant notamment des médecins ont été consacrés à l'amaroli en Europe à la fin du xxe siècle. Selon la littérature de ses partisans sur le sujet, l'amaroli aurait des propriétés curatives étonnantes (augmentation des processus naturels d'élimination), mais beaucoup l'utilisent aussi à titre préventif, et comme cosmétique.
La prise d'urine par les pratiquants est précédée de certaines règles. Généralement, l'absorption d'urine est limitée, il est conseillé de la précéder de l'absorption d'une nourriture saine et toujours suivie de l'absorption d'une quantité importante d'eau claire. Le simple contact de l'urine (ensuite recrachée) avec les muqueuses de la bouche amènerait également des informations favorisant un rééquilibrage du corps.

lundi 25 mai 2015

Le sel et l'hypertension artérielle


Le sel, un poison ordinaire - Thierry Casasnovas

Le sel minéral, un poison quotidien - Vincent Cazaubon

5 Major Effects of High Blood Pressure - 3D Medical Animation




Graphique proportion sel aliments avec légende

Sodium et potassium, leur rôle dans l'hypertension :
Le sel est composé de chlorure de sodium, c’est-à-dire que le sodium ne représente qu’une partie du sel : 1 g de sel renferme 0,4 g de sodium. Ainsi, lorsqu’on consomme 2,5 g de sel, on ingère 1 g de sodium.
La plupart des aliments que nous consommons contiennent déjà du sodium. Le sel est soluble dans l’eau et donc dans le sang, dans lesquels il se retrouve sous forme de sodium et de chlorure. Tous les mouvements du sodium dans l’organisme sont obligatoirement liés à l’eau : lorsqu’on ingère du sodium, on retient de l’eau, lorsqu’on élimine du sodium, on perd de l’eau. Ainsi, une augmentation de consommation de sel provoque un accroissement du volume sanguin circulant dans les artères et donc une augmentation de la pression sanguine. Au niveau de chacune de nos cellules, le sodium joue également un rôle important. Le sang véhiculé dans les artères distribue oxygène et nutriments aux cellules de nos organes. Pour apporter les nutriments aux différentes cellules, un mécanisme, utilisant entre autres le sodium, permet aux cellules de laisser entrer ce dont elles ont besoin pour fonctionner. Une fois dans la cellule, le sodium a fait son travail et doit en ressortir car si la cellule restait gonflée de sodium et d’eau, elle ne pourrait plus fonctionner.

Le rôle du potassium

Un mécanisme permet alors au sodium de sortir de la cellule, mais il nécessite la présence de potassium pour le remplacer grâce à un ingénieux système de « pompes ». La répartition du sodium et du potassium dans l’organisme est une des conditions de la vie cellulaire en particulier pour le fonctionnement nerveux et musculaire : il y a environ 15 fois plus de sodium dans le sang que dans la cellule, il y a environ 28 fois plus de potassium dans la cellule que dans le sang. Le sodium et le potassium forment un tandem indispensable à la bonne régulation de la tension artérielle : pas d’excès de sodium,suffisamment de potassium voilà le défi alimentaire auquel nous devons faire face quotidiennement.

Les autres minéraux  impliqués dans la régulation de la tension artérielle

  • le calcium : en plus de son rôle sur la masse osseuse, aurait aussi un rôle favorable sur le relâchement de la paroi des artères (l’excès de sel alimentaire provoquerait une perte urinaire de calcium) ;
  • le magnésium : souvent associé au potassium dont il facilite l’action, favoriserait la dilatation des vaisseaux, donc une baisse de la tension.
Plusieurs études ont établi des liens entre ces minéraux et la tension artérielle, mais les données sont encore insuffisantes pour constituer des preuves formelles.
http://www.thierrysouccar.com/sante/info/sodium-et-potassium-leur-role-dans-lhypertension-750

Des trucs pour manger moins de sel sans en souffrir

Il n'est pas facile de réduire sa consommation de sel. D'une part, le sel a la propriété de faire ressortir le goût des aliments. En salant moins, vous trouverez peut-être les plats étrangement fades pendant quelque temps. Éventuellement, toutefois, vous apprendrez à apprécier les subtilités des différentes saveurs, car le sel crée une accoutumance. D'autre part, nous l'avons dit, le sel est partout et essayer de l'éviter devient parfois un véritable cauchemar. Voici quelques conseils qui vous aideront peut-être à diminuer votre consommation de sel.
  • Évitez le plus possible d'acheter des plats préparés. De façon générale, essayez de vous tourner vers des aliments qui ont été le moins transformés possible. Par exemple, choisissez les légumes frais, voire congelés, plutôt qu'en conserve, achetez des flocons d'avoine naturels plutôt que du gruau aromatisé, etc.
  • Restez loin des condiments du commerce, souvent très riches en sodium. Bien sûr, quand vous cuisinez, ajoutez le moins de sel possible aux aliments. Pour rehausser le goût de vos plats, essayez d'utiliser des épices ou des fines herbes. Vous pourrez même découvrir de nouvelles saveurs qui vous feront vite oublier ce que vous laissez derrière!
  • Lisez attentivement les étiquettes des produits que vous achetez. Souvent, la teneur en sodium de l'aliment y sera indiquée. De façon générale, essayez d'acheter les aliments dont la liste d'ingrédients est la plus courte possible. Plusieurs compagnies offrent maintenant des produits faibles en sodium qui peuvent constituer une bonne option si vous n'avez pas toujours le temps de cuisiner vous-même.
  • Arrêtez de fumer! Vous goûterez bien mieux les aliments et n'aurez plus besoin de saler à outrance.
  • Des études ont indiqué que la vitamine C pourrait constituer un antidote naturel aux méfaits du sel. Si vous avez de la difficulté à réduire votre consommation de sel pour l'instant, ne lésinez pas sur votre consommation d'agrumes!
Il est possible de diminuer facilement sa consommation de sel, pourvu que l'on soit un peu vigilant. Souvenez-vous que, même si votre santé est bonne pour le moment et que vous ne souffrez pas d'hypertension ou d'autres problèmes de santé, les effets de l'abus de sodium peuvent prendre plusieurs années avant de se manifester. Il n'est jamais trop tôt pour faire attention à son corps. Mieux vaut prévenir que guérir!
http://www.canalvie.com/sante-beaute/nutrition/infos-et-conseils/les-effets-reels-du-sel-sur-la-sante-1.795750




dimanche 17 mai 2015

Plaidoyer pour l'altruisme - Mathieu Ricard

La force de la bienveillance


"Abreuvés d'images violentes, confrontés à une société en crise, on n'imagine pas la force de la bienveillance, le pouvoir de transformation positive qu'une véritable attitude altruiste peut avoir sur nos vies au plan individuel et, partant, sur la société tout entière. Moine bouddhiste depuis près de quarante ans, Matthieu Ricard, lui, expérimente les vertus de l'altruisme au quotidien. Au carrefour de la philosophie, de la psychologie, des neurosciences, de l'économie, de l'écologie, Plaidoyer pour l'altruisme est la somme d'années de recherches, de lectures, d'expériences, d'observation et de réflexion.


Avec le sens de la pédagogie qui le caractérise et toujours en s'appuyant sur des exemples très concrets, l'auteur de Plaidoyer pour le bonheur démontre point par point que l'altruisme n'est ni une utopie ni un voeœu pieux, mais une nécessité, voire une urgence, dans notre monde de plus en plus interdépendant à l'heure de la mondialisation. Un essai passionnant, inspiré par un humanisme et une lucidité qui emportent l'adhésion."
http://www.matthieuricard.org/books/plaidoyer-pour-l-altruisme

Altruisme-couverture


samedi 9 mai 2015

La sérénité, ça s'apprend - Christophe André

La psychologie positive



 Une excellente conférence à Bordeaux animée par Christophe André


"Grand défenseur de la thérapie comportementale, le psychiatre Christophe André publie ce 23 janvier Et n'oublie pas d'être heureux. 
Il détaille pour le magasine L'Express les principes simples de la psychologie positive. Interview :
De son ami Matthieu Ricard il a la gentillesse non feinte et le goût pour la méditation. Christophe André, c'est un peu le "sage" de la psy française, l'apôtre tout sauf béat de la thérapie comportementale aux résultats concrets. Son dernier ouvrage, Et n'oublie pas d'être heureux. Abécédaire de la psychologie positive, publié le 23 janvier aux éditions Odile Jacob, déploie, avec plus de maturité, ce qui fait son succès depuis quinze ans : écriture limpide, sens de la pédagogie, arguments scientifiques et récits autobiographiques.  
Dans un pays qui ne jure que par le bonheur mais ne cause que du malheur, les préceptes de ce psychiatre parisien consultant à l'hôpital Sainte-Anne éclairent notre ciel de sinistrose. "Si l'on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce en serait la salle d'attente", écrivait Jules Renard. A lire et à écouter Christophe André, on se dit que l'écrivain est juste né trop tôt. 
Depuis Saint-Just, l'idée du bonheur n'est plus vraiment une idée neuve, mais c'est devenu une idée fixe. Comment l'expliquez-vous?
Avant de vous répondre, une remarque : je pense que, si l'on faisait le calcul, on trouverait plus d'ouvrages sur le bonheur au XVIIIe siècle qu'aujourd'hui ! Mais la grande différence est que notre rapport au bonheur a changé, parce que le bonheur lui-même s'est démocratisé. Les traités des stoïciens et des épicuriens s'adressaient à une élite.  
Ce qu'ont apporté les révolutions française et américaine, c'est l'idée que tout humain a droit au bonheur. Dans le préambule de la déclaration d'indépendance des Etats-Unis d'Amérique, les trois droits fondamentaux évoqués sont les droits à la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur. Ce dernier devient ainsi une aspiration à laquelle chacun peut prétendre. Mais, dès l'instant où tout le monde y a droit, les élites trouvent le bonheur moins noble, et se mettent à traiter de nigaud celui qui en parle.  

L'autre nouveauté est que, depuis quinze ans, nous disposons de plus en plus d'études prouvant que le bonheur est bon pour la santé. Nos deux grandes obsessions contemporaines, le bonheur et la santé, se trouvent donc réunies ! 
Aujourd'hui, les "pathologies du moi" ont remplacé les "névroses de culpabilité", disent vos confrères. A chaque époque ses troubles?
Absolument, les interactions entre psychologie, psychiatrie et société sont constantes. Prenez la psychanalyse. Elle s'est construite sur la modélisation de l'hystérie de conversion, incarnée par ces femmes que Charcot exhibait à la Salpêtrière et dont les problèmes psychologiques se traduisaient par des pseudo-cécités ou des pseudo-paralysies. Leurs troubles étaient typiques des sociétés très répressives, qui refoulaient les pulsions et les émotions, sur le modèle victorien.  
Quand le sexe s'est libéré et que la condition de la femme a évolué, ces modèles théoriques sont devenus moins opérants. Dans les années 1970, cette société répressive n'avait pas encore tout à fait disparu. Il fallait honorer sa place, être bon père, bon travailleur, ne pas décevoir les autres. Désormais, ce que mettent en avant les individus en consultation, c'est la non-reconnaissance : "Je n'ai pas été respecté au bureau", "mon conjoint s'est payé ma tête pendant des années"... 
Le défi est d'arriver non plus à "tenir sa place" mais à "trouver sa place"?
C'est cela. La souffrance est la même, mais elle s'exprime différemment. Prenez encore la question de l'estime de soi. Descartes en parle, Rousseau en parle, mais le sujet prend réellement de l'importance à partir des années 1980 avec le libéralisme, qui impose aux individus d'apprendre à se vendre. Auparavant, on n'avait pas besoin d'entretien d'embauche pour travailler puisque l'on passait toute sa vie au même endroit et que l'on connaissait tout le monde dans son environnement proche.  
La notion d'estime de soi n'était pas décisive dans une trajectoire existentielle, donc ne causait pas de souffrance. Il en va de même avec l'anxiété sociale, ou la timidité. A partir du moment où la performance sociale devient primordiale, il faut séduire - de nouveaux voisins, de nouveaux amis, de nouveaux collègues de travail, de nouveaux partenaires. Si on n'est pas persuadé d'avoir un minimum de valeur, les échecs peuvent mettre hors circuit. Chaque fois qu'une société change, elle révèle des souffrances ou des limitations, qui étaient silencieuses auparavant. 
Les thérapies comportementales et cognitives [TCC], dont vous êtes l'un des représentants, sont-elles plus adaptées que la psychanalyse aux maux de l'époque?
Je ne dirais pas cela ; opposer les deux est très français, d'ailleurs. Dans la plupart des pays, la psychanalyse s'est adaptée. Le problème est qu'en France elle s'est déconsidérée toute seule en se rigidifiant et en postulant qu'elle reposait sur des vérités éternelles. En Suisse ou en Belgique, elle est rentrée dans le paysage et figure aux côtés des autres thérapies - systémiques, comportementales, etc. Je suis ravi que toutes ces voies existent. 
Etre soi-même anxieux lorsqu'on soigne et que l'on écrit des livres pour les anxieux, est-ce une chance ou un boulet?
Une chance, si on fait ce qu'il faut ! Mes patients sentent que j'ai moi-même travaillé sur mes tendances anxieuses et dépressives, et cela les aide. Je n'hésite d'ailleurs pas à faire ce que l'on appelle de la " révélation de soi ", en consultation ou dans mes livres. Cette technique constitue un outil très puissant de soutien psychologique pour les patients, à condition de respecter deux conditions : la révélation doit être un ingrédient et non pas le composant principal du plat (la thérapie). Et il faut parler de soi seulement lorsque l'on sent que le patient en a besoin - s'il a l'impression qu'il ne peut pas avancer, ou qu'il est le seul à connaître les problèmes qu'il décrit. 
Quand on entend "psychologie positive", on pense à la méthode Coué, ou au slogan exaspérant des publicités - "Positivez!" En quoi est-elle plus subtile?
Emile Coué avait compris qu'une idée ressassée dans notre cerveau finit par avoir une influence profonde sur l'image que l'on a de soi. Mais sa méthode - se répéter des phrases positives - était un peu simpliste, même si elle marche pour partie. La psychologie positive regroupe un ensemble de techniques plus variées et plus fines, qui ont fait l'objet d'études précises. Le grand problème est que beaucoup de gens ont du mal à comprendre que des principes très simples peuvent être très efficaces. 
La clef, dites-vous, réside dans la répétition, l'effort et l'association des exercices.
Je prends souvent le modèle de la corde, composée de tout un tas de petits brins. Chaque brin, individuellement, est beaucoup trop léger pour soulever le poids de nos difficultés, mais tous les brins tissés ensemble deviennent très puissants. Un exemple : tous les soirs, pendant quinze jours, je vais prendre le temps de repenser à trois choses agréables qui me sont arrivées dans la journée, en respirant, en revoyant la scène, longuement. Après deux semaines, il se passera quelque chose en moi de bien plus fort que ce que je pouvais imaginer. 
Par quel mécanisme?
Les émotions négatives resserrent notre champ d'attention, puisque leur fonction évolutive consiste à nous focaliser sur les problèmes pour nous aider à les surmonter. Al'inverse, les émotions positives ont pour fonction évolutive de nous aider à trouver des ressources, elles ouvrent la focale attentionnelle en nous rendant capables de mieux regarder autour de nous et de trouver un sens à ce que nous vivons. En revanche, une personne déprimée ou qui a une trop faible estime de soi peut aller encore plus mal si elle passe trop tôt à la psychologie positive. Il faut d'abord avoir été capable de lutter contre ses idées négatives, par une thérapie et/ou des médicaments. 
Vivre l'instant en pleine conscience, admirer, remercier, chasser le ressentiment... N'est-ce pas l'enseignement des sagesses anciennes et des religions depuis plus de deux mille ans?
Vous avez raison ! Lorsque j'aborde le thème de la psychologie positive, d'ailleurs, je dis souvent que je vais évoquer de grandes platitudes. Mais l'important n'est pas : "Est-ce que je le sais ?" La grande question est : "Est-ce que je le fais ?" Le défi de la psychologie positive ne consiste pas tant à expliquer les exercices que de motiver à les faire. Sans attendre de se trouver dans le bon état d'esprit ou espérer des résultats immédiats. Lorsque l'on n'a pas de bonnes raisons de pleurer, on doit s'efforcer de sourire, nous dit la psychologie positive. Elle est un acte d'hygiène, comme se brosser les dents. Voilà pourquoi elle n'est pas forcément séduisante sur le plan intellectuel. 
La neuro-imagerie, en revanche, vous fournit des arguments scientifiques en prouvant que le cerveau, donc notre façon de penser, peut évoluer...
Oui. La psychiatrie était très en retard sur les autres disciplines, parce que nous ne disposions pas d'images satisfaisantes pour mesurer son impact sur le cerveau. Sur une radio ou sur un électroencéphalogramme, on ne voit pas grand-chose. Quand la neuro-imagerie est arrivée, ce fut une révolution ! En 1992, Lewis Baxter a publié la première étude qui montrait des modifications des circuits cérébraux avant et après une thérapie cognitivo-comportementale chez les patients souffrant de troubles obsessionnels compulsifs. Pour la première fois, nous avions la validation scientifique que les TCC pouvaient donner d'aussi bons résultats que les médicaments. 
Quel est le but de la psychologie positive? Nous rendre heureux?
Disons, un peu plus heureux, en évitant d'être inutilement malheureux. En théorie, la psychologie positive se concentre plus sur le développement de nos qualités et de notre bien-être, mais elle ouvre aussi beaucoup les yeux sur le rapport entre bonheur et malheur, étroitement liés. " Le bonheur n'est pas le but, mais le moyen de la vie ", disait Paul Claudel. On ne vit pas pour être heureux; en revanche, on vit grâce au bonheur. Si nous n'avions pas la possibilité de savourer des moments agréables et apaisants, tout en nous disant qu'une fois passés ils pourront se reproduire, nous ne supporterions pas cette vie d'animaux mortels ! 
"Tout commence par l'acceptation, écrivez-vous. Dire oui à la vie, dire oui aux soucis." Mais comment faire dans une société qui pousse à se protéger de tout : des intempéries, des rides, des aléas de la vie?
Le thérapeute, comme le philosophe, est là pour rappeler que toute existence comporte une part d'adversité et que chacun d'entre nous y sera confronté, un jour ou l'autre. S'il est important de se protéger, et d'essayer d'être heureux le plus souvent possible, il faut le faire dans un esprit réaliste. André Comte-Sponville définit bien ce que pourrait être l'idéal de la psychologie positive : "La sagesse, c'est le maximum de bonheur dans le maximum de lucidité." 
Conclure un livre grand public traitant du bonheur par une réflexion sur sa propre mort, comme c'est le cas dans votre dernier ouvrage, est peu banal. Pourquoi ce choix?
Sans cette conclusion, le livre n'a pas de sens ! La façon la plus efficace d'accepter l'idée de la mort, c'est de rendre notre existence aussi dense que possible en étant nous-mêmes aussi présents que possible à ce que nous vivons. C'est l'essence même du carpe diem. La phénoménologie du bonheur, qui s'intéresse à la façon dont l'être humain le vit intérieurement, montre cela très bien : dans les moments heureux, la seule chose qui compte est ce qui est là, maintenant. Lorsque l'on est dans le présent, on est, d'une certaine façon, dans l'éternité. 
Christophe André en 6 dates :
1956 Naissance à Montpellier. 1980 Doctorat de médecine. 1982 Mémoire de psychiatrie. 1992 Ouverture d'une consultation à l'hôpital Sainte-Anne, à Paris, spécialisée dans la prise en charge des troubles anxieux et dépressifs. 2006 Impartfaits libres et heureux. Pratiques de l'estime de soi (Odile Jacob). 2014Et n'oublie pas d'être heureux. Abécédaire de la psychologie positive (Odile Jacob). "
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/christophe-andre-trouver-un-sens-a-ce-que-nous-vivons_1316400.html

mercredi 6 mai 2015

Une leçon de philosophie : La métamorphose - avec Patrick Danvrey






"Une leçon de philosophie" sur le sujet de la métamorphose, un entretien de Raphaêl Enthoven avec Patrick Dandrey sur Arte le 15 décembre 2013 : 

http://taopranalee.blogspot.com.br/2015/05/une-lecon-de-philosophie-la-metamorphose.html

Dans cette émission, Patrick Danvrey, un universitaire spécialiste du 17ème siècle, et particulièrement de Jean de la Fontaine et de Molière, nous entretient avec brio sur la notion de métamorphose (celle d'un néant vers la création d'un univers, de la Nature par la Culture, de l'animal en ses formes, ou de l'homme en ses expériences modernes) avec une très grande subtilité sémantique.




lundi 4 mai 2015

Transformer les murs en portes - Nick Vujicic (l'homme sans jambes et sans bras)




La rencontre avec le sourire ne laisse jamais indifférent, tant de souffrances et de peines dépassées et surmontées. Car comme le dit si bien Maya Angelou : "Nous sommes enchantés par la beauté du papillon, mais nous admettons rarement les changements qu'il a dû traverser pour y parvenir".
La détermination qui s'exprime chez cet homme hors du commun est bien sûr un exemple à suivre, pour ne jamais abandonner dans la souffrance infligée par son environnement, mais surtout pour arrêter ce jugement pernicieux qui ronge l'homme moderne : son éternelle insatisfaction et par conséquent son incapacité à trouver en lui les ressources du bonheur.



NICK VUJICIC : "C'est un mensonge de croire que vous ne valez rien"


"Je n'ai pas de main pour tenir la main de ma femme mais je suis capable de tenir son coeur"
"pourquoi souris-tu autant ?"
"Quel type de père pourrais-tu être si tu ne peux prendre ton enfant dans tes bras quand il pleure ? Vous êtes seul, bien sûr vos parents vous prennent dans les bras, mais leurs étreintes ne vous guérissent pas..."
"Quand on n'a pas de miracles dans sa vie, on peut être le miracle de la vie de quelqu'un d'autre"